Marc « The Paper Man » Gagnon! Technicien en documentation. Geek et fier de l’être. Amateur de romans, de BD, de jeux de rôle et de cinéma. Ma spécialité, vous l’aurez vite compris, est reliée à la littérature. Grand amateur de BD tant européennes qu'américaines, je suis également un spécialiste du livre dans toutes ses formes. Je ne travaille pas dans une bibliothèque pour rien! Podcasteur pour le Podcast des Crinqués, je suis aussi chroniqueur pour le site Top Comics.
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samedi 15 septembre 2018
Ready Player One, un grand film adapté d'un grand roman.
En adaptant Ready Player One, le roman culte d'Ernest Cline, Spielberg signe son grand retour à la SF. Pour faire une bonne adaptation, à mes yeux, il faut préserver la philosophie et le message de l'oeuvre d'origine tout en mettant sa touche personnelle pour l'enrichir. Ici, nous sommes indéniablement devant une grande adaptation. Zak Penn et Ernest Cline ont su prendre le roman et le simplifier tout en gardant son essence et son originalité. Les ajouts et changements effectués fonctionnent très bien et rendent cette histoire très cinématographique. Les personnages sont, bien entendu, moins développés que dans le roman, mais jamais pour ne pas croire en eux. Ils sont attachants, dynamiques, complexes et surtout comme nous!
Ready Player One c'est avant tout une belle histoire d'amour avec un fond d'anticipation, d'avertissement sur la technologie à venir mais surtout, sur la réalité. Aussi dure qu'elle peut l'être, elle reste la seule qui peut vous donner ce que vous recherchez. Il y a dans cette histoire un petit quelque chose qui vient nous chercher, nous allume, qui nous chamboule. Au-delà des références nombreuses aux années 80, qui sont de plus en plus à la mode, ce roman parle à une génération qui s'est souvent sentie seule. Cette génération de geeks, ceux qui mangent seuls à la cafétéria, qui se regroupent dans des sous-sols obscurs pour jouer à des jeux immersifs pour échapper à la réalité, qui se font regarder comme des étrangers quand ils portent un chandail de Spider-Man pour leur bal de finissants. Une génération perdue, avec la tête dans l'espace, qui a été portée par Star Wars, Philip K. Dick, Dune, Akira et j'en passe. Cette génération dont je fais partie.
Spielberg en fait la pierre angulaire de son nouveau film. Ce sont eux qui sont les héros, qui sont les sauveurs. Eux que le riche et talentueux créateur de jeux James D. Halliday a choisis comme futurs successeurs de sa fortune, mais surtout de son OASIS. Car l'OASIS est devenu la nouvelle réalité. Créée à la base comme un jeu, elle s'est imposée comme réalité pour contrer celle qui prend place en 2045 et qui n'est pas joyeuse du tout! On y va à l'école, on y travaille mais surtout, on peut devenir n'importe qui, n'importe quoi et on peut faire ce qu'on veut. Qui ne rêve pas de ça! Halliday, avant sa mort, a créé une course à l'oeuf de Pâques. Son dernier jeu, sera le plus important de sa carrière mais aussi, le plus important de l'histoire. Trois clés, trois indices, pour trouver cet oeuf et prendre le contrôle de l'OASIS. Voilà donc la quête qui est à la base de cette histoire.
En fait, ce n'est que la surface de l'histoire. En profondeur, on y voit un questionnement sur notre futur. Un questionnement sur pourquoi nous fuyons notre réalité au lieu de faire face à nos problèmes. Ici, la société a abandonné. Elle ne fait plus d'efforts pour faire avancer l'humanité et résoudre les graves problèmes auxquels elle fait face. Les gens préfèrent fuir la vraie vie dans cet espace virtuel. Nous sommes clairement dans ce cheminement et je vais probablement voir ça de mon vivant, pour le meilleur et pour le pire. Spielberg nous le démontre avec une justesse et un dynamisme incroyables. Avec une réalisation sans failles, il nous montre les deux réalités de brillante façon. Il est lui-même une référence des années 80 mais jamais dans son film il ne se met en évidence, sauf une fois. Ce qui est tout à son honneur en sachant que le roman est bourré de références à ce grand réalisateur et qu'il est l'idole de l'auteur. Il y a des scènes dans ce film qui sont passées immédiatement à l'histoire dès leur première diffusion!
Plusieurs personnes m'ont demandé pourquoi ce livre, et ce film maintenant, m'ont autant touché. Sans rentrer dans les détails, disons que je suis un peu comme Halliday. Je n'ai pas son talent, son intelligence, mais comme lui, j'ai eu de la difficulté à entrer en contact avec les gens à une certaine époque. Comme lui j'ai fui cette réalité et j'ai plongé dans les jeux de rôle ou j'ai pu faire et devenir ce que je voulais. Mais moi, j'ai eu la chance de rencontrer des gens qui m'ont fait comprendre qu'aussi terrifiante et pénible que soit la réalité, c'est aussi le seul endroit où l'on puisse trouver le véritable bonheur, car la réalité est réelle. Et le bonheur est souvent proche de nous, il suffit de regarder pour le trouver.
Un grand roman pour un grand film.
dimanche 2 septembre 2018
Rogue One, un film pour Paper Man!
Voilà, j’ai entendu quelques jours pour vous partager mes impressions sur Rogue One : Une histoire de Star Wars.
J’avais grand espoir pour ce film. Je l'ai attendu toute l’année, en fait, je crois que je l’ai attendu toute ma vie!
En 77, j’avais 2 ans. Star Wars : le nouvel espoir, je ne l’ai pas vu au cinéma. Je l’ai vu plus tard comme beaucoup d’entre nous. Ce fut une révélation! J’ai compris que pour le reste de ma vie, j’aimerais la science-fiction et le space opera! Ce film, a changé ma vie à jamais. Bien entendu, je l’ai regardé avec mes yeux d’enfants, avec la magie du cerveau d’un jeune garçon qui était un geek en devenir. Aujourd’hui, les films, je les regarde avec mes yeux d’adulte qui sont quelquefois trop critiques et emmerdants! Comme j’aimerais ravoir cette lueur de magie dans mes yeux comme dans ceux de ma fille quand je vais au cinéma avec elle!
Bref, ce film était pour moi, le plus important depuis la sortie des épisodes 1,2 et 3. Star Wars, c’est une grosse partie de ma vie d’adulte. J’ai été maître de jeu et joueur à pratiquement toutes les versions du jeu de rôle! Des parties, j’en ai fait des centaines. Des guerres, des batailles, des actes héroïques, j’en ai vu faire par mes joueurs et j’en ai fait aussi comme joueur. Quand ce film est arrivé, je savais que j’allais retrouver le côté RPG que j’ai tant connu au fil des années. Je suis donc arrivé au cinéma avec espoir de voir un film de Star Wars qui me parlerait, qui serait fait pour moi!
En commençant le visionnement, nous savons que Rogue One serait différent. Pas la même introduction, un retour sur le passé du personnage principal et une mise en contexte assez rapide sur l’état du monde où l’histoire se déroule. C’est la guerre! La guerre sale, qui laisse dans son sillage des morts, des blessés, des veufs, des veuves, des orphelins. La guerre qui ne laisse que peu de place à l’espoir. Ce mot, il revient souvent dans ce film, car tout tourne autour de l’espoir. L’espoir de revoir ses parents, l’espoir de voir le mal éradiquer. L’espoir d’un sacrifice qui ne sera pas vain. Le sacrifice des vies, des idéaux et des valeurs. C’est ce que les personnages vivent tout au long de cette histoire grandiose qui comporte peu de temps morts.
Le scénario est béton pour un scénario de space opera. Car, il ne faut jamais oublier qu’avant tout, c’est un space opera qui répond au standard de ce style. C’est haletant, centré sur les personnages et leur acte. C’est un combat entre le bien et mal, entre un empire et une rébellion. Bref, c’est une superbe histoire de guerre intergalactique dans l’univers de Star Wars.
Le distribution est super bien. Forest Whitaker nous offre un Saw Gerrera amoché, tant physiquement que psychologiquement. Un personnage fort de Clone War qui est très bien amené et exploité. Il fera un retour dans Rebel pour notre grand plaisir. Malgré sa faible présence, il est très important à l’avancement de l’histoire.
Felecity Jones nous offre une vraie rebelle en Jyn Erso. C’est la représentation parfaite de ce qu’est la rébellion. Des gens ordinaires qui sont placés dans des situations extraordinaires et qui n’ont pas le choix d’agir. Des personnes qui ont souvent tout perdu et qui font la différence avec leur acte et cela au détriment de leur propre vie. Une femme forte, une leader qui est remarquablement inspirante.
Diego Lune en capitaine Cassian Andor vient supporter Jyn en montrant le côté sombre que la guerre peut avoir sur les gens ordinaires. C’est réellement un personnage fort qui représente les soldats de la rébellion.
Ben Meldelshon en directeur Orson Krennic c’est l’Empire avec un grand E! Méprisant, ambitieux et prêt à tout pour la réalisation de ses rêves!
Quel bel hommage à Peter Cushing qui nous revient en image de synthèse pour nous rappeler à quel point cet acteur a marqué une génération avec son Tarkin malgré une présence très courte. Tarkin est malicieux, mauvais, dangereux, bref, il représente le mal à l’état brut. Vador est méchant, mais il a le côté obscur avec lui. Tarkin, c’est brut, c’est inné, c’est viscéral. Une présence, une aura malsaine qui crève l’écran!
Parlons-en de Vador, l’ombre de l’Empereur qui représente la Force et surtout le côté obscur de la Force. Sa présence ressert l’histoire autour de l’Empereur. Elle fait grandement avancer l’histoire et fait le pont de façon magistral avec l’épisode 4. Son entrée dans le vaisseau de la rébellion sera une scène qui passera à l’histoire! Du grand Vador!
Visuellement grandioses, les effets spéciaux sont à la hauteur de la réputation de Star Wars. Des costumes qui sont parfaitement représentatifs de Star Wars. Des vaisseaux magnifiques, des planètes exotiques et superbement belles! Des batailles tant terrestres que spatiales qui sont à couper le souffle!
Ce film, je l’ai regardé avec des yeux de joueur! Partout je voyais les points de Force dépensés! Je voyais les joueurs utiliser leur point de compétence! Je voyais la subtile présence de la Force qui aide les personnages et le côté obscur qui est omniprésent pour tenter les personnages dans leur choix difficile!
Rogue One pour moi, est-ce qui se rapproche le plus de ma conception de l’univers de Star Wars. Cet univers dans lequel je me suis plongé tant de fois! C’est pourquoi, pour moi, il est le meilleur Star Wars!
lundi 20 août 2018
Solo, le plus Star Wars des films de Star Wars!
Mais quel film! Quelle audace! Quel Star Wars! Solo : Une histoire de Star Wars représente très bien ce qu'est l'univers en dehors de la trame narrative principale. Cet univers sombre, sale, où chacun essaie de survivre dans un monde dominé par un Empire puissant, où les cartels criminels font la pluie et le beau temps dans les rues. Ici, pas de Jedi, pas de sauvetage de princesse, pas de bataille pour la sauvegarde de l'univers. Seulement un jeune homme qui essaie de survivre, d'évoluer, de gagner sa vie dans cet environnement hostile. Fallait avoir du courage et de l'audace pour pondre une telle histoire dans un univers qui carbure à l'épique!
Ce film, est une fusion entre l'univers étendu tant canon que légende pour nous démontrer l'importance de cet univers dans le développement de la franchise de Star Wars. Plein d'éléments de légende sont maintenant canon! Le passé de soldat dans l'Empire, sa rencontre avec Chewbacca, ses fameux dés chanceux, sa fameuse partie de Sabacc avec son "ami" Lando pour le Faucon, son DL-44 et sans oublier le légendaire raid de Kessel! Tant d'éléments qui restaient sans explication qui maintenant sont connus de monsieur et madame tout le monde. Était-il nécessaire de démystifier tous ces éléments? Je crois que oui. Toutes légendes possèdent une partie de vrai! Maintenant, faut-il connaître l'univers étendu pour apprécier le film? Aucunement, mais c'est comme manger un hamburger, c'est bien meilleur quand il est accompagné de frites et de soda!
Outre l'histoire qui nous plonge plus de deux heures sans temps morts dans ce western spatial, le casting est surprenant et magnifique. Alden Ehrenreich réussit son pari de prendre un personnage culte de la culture populaire joué par un acteur culte de la culture populaire et s'en sort très bien. Il est charismatique et son non verbal est parfait. Son sourire, ses poses, sa façon de bouger, tout est Solo en lui! Woody Harrelson est parfait en bandit des grands chemins galactiques. Son personnage de Beckett, sorte de figure paternelle à Han, est bien écrit, attachant malgré ses nombreuses fourberies et son duel avec Han est touchant. Là Solo a bien tiré en premier! Donald Glover est Lando Calrissian, rien à dire sur sa performance. Emilia Clarke s'en tire très bien dans le rôle de Qu'Ra, premier amour perdu de Solo. Leur relation à l'écran est sublime. On voit très bien que Solo ne l'a pas oublié mais qu'elle, est passée à autre chose depuis longtemps! Le seul qui ne s'en rend pas compte c'est Solo! Paul Bettany y joue un rôle de méchant conventionnel de ce type d'histoire. Il s'en sort bien mais ce personnage aurait pu être plus exploité selon moi. Et le Faucon, hommage au premier concept de Ralph McQuarrie, est merveilleux! Troisième personnage dans le trio avec Solo et Chewbacca, il mange ça dur tout au long du film. Il est réellement un personnage tellement il est important.
Je prend un peux de mots pour parler de L3-37, premier personnage robotique féminin de l'histoire de Star Wars. Personnage fort intéressant, très actuel dans ses valeurs et ses revendications. Peut-être trop même. Mais son intégration dans le Faucon est une belle façon, encore, d'expliquer pourquoi le Faucon possède un dialecte très particulier! Par contre, c'est un personnage fort peu conventionnel pour l'univers de Star Wars et il va déranger. Par sa relation avec son maître Lando et surtout, son esprit rebel.
Visuellement c'est fort joli. le raid de Kessel est magnifique et nous permet de voir le vrai talent de pilote de Han. Il est réellement le meilleur pilote de la galaxie! La scène classique western de l'attaque du train est renversante. De l'action à couper le souffle. Elle explique bien cette scène pourquoi Chewbacca a une dette de vie envers Solo! Les extraterrestres sont encore une fois extraordinaires et des plus variés. Les véhicules et vaisseaux spatiaux sont bien rendus. Cette scène de construction d'un Star Destroyer dans la brume au début du film est sublime. Rien à redire du côté des effets spéciaux qui tiennent la route.
La ou j'ai été un peu déçu est la faible exploitation de Coreilla. Cette planète est riche en histoire et elle aurait pu servir plus la trame narrative. Mais bon, faut faire des choix. La rencontre entre Solo et Chewbacca manquait un peu d'émotion pour moi. J'aurais avoir quelque chose de plus intense. La musique aurait plus être davantage présente. Ici, elle n'est pas un personnage comme dans les autres films de Star Wars et c'est un peu désolant. L'Aube Écarlate aurait demandé plus d'explication. Et l'apparition de Maul à la fin comme étant le leader de cette organisation peut être confuse. Mais cette scène fait très bien le pont avec les séries Clone Wars et Rebels que je vous conseille fortement d'ailleurs. J'aurais bien aimé voir le Black Sun et le prince Xizor mais je comprends l'utilisation de Maul et j'ai hâte de voir ou cela va nous mener dans les suites.
Solo, c'est Star Wars, mais le Star Wars au-delà des films de la série principale. C'est l'univers étendu à son meilleur. C'est comment vivent les gens dans un monde chaotique sous domination impériale. C'est le film que tout le monde voulait voir, sans Skywalker, sans Jedi, sans le côté épique. Un film centré dans la réalité de tous les jours. Pourtant, c'est aussi le film que ces mêmes personnes n'aiment pas! Allez savoir pourquoi!
samedi 18 août 2018
Black Panther, le meilleur du MCU?
Est-il trop tôt pour parler de Black Panther? Je ne sais pas. Je ne veux pas divulgâcher l'histoire. Je vais donc essayer de ne pas le faire!
J'ai donc été voir le 18e film du MCU. J'y suis allé avec ma conjointe lors d'une soirée romantique. J'étais donc en bonne disposition pour passer une belle soirée et avoir un bon visionnement. Je l'ai toujours dit, l'appréciation d'un film est souvent augmentée par l'ambiance qui tourne autour de notre visionnement.
J'ai donc été voir le 18e film du MCU. J'y suis allé avec ma conjointe lors d'une soirée romantique. J'étais donc en bonne disposition pour passer une belle soirée et avoir un bon visionnement. Je l'ai toujours dit, l'appréciation d'un film est souvent augmentée par l'ambiance qui tourne autour de notre visionnement.
J'ai énormément aimé ce film. Pour plusieurs raisons. D'abord pour l'histoire qui nous amène réellement à nous questionner sur la place de la communauté noire dans notre société et surtout les défis et problèmes qu'elle peut vivre. Toute l'histoire tourne autour de ces faits. Les deux protagonistes du film, soit T'Challa et N'Jadaka partage le même désir, aider cette communauté pour la faire avancée et lui permettre de prendre une place plus déterminante. Par contre, les moyens ne sont pas les mêmes! T'Challa, qui a vécu dans l'opulence et le confort toute ça vie, qui n'a pas la vision de la réalité de la rue, veut réaliser son désir par de l'aide humanitaire et la politique. Il est ouvert à briser l'isolement que ses ancêtres ont imposé au Wakanda pour sa protection. Il veut faire bénéficier le monde des avancées technologiques de son pays. N'Jadaka, n'a pas eu le même chemin. Son père étant mort, il a été laissé à lui-même. Il a appris à la dur. Il a vu la noire réalité que son peuple subit. Il veut armer son peuple pour le délivrer.
C'est là que la magie du film opère. Dans ce dilemme entre les deux personnages. C'est là aussi que la recette du MCU change. En nous donnant un méchant avec des motivations réelles. Motivations que nous pouvons accepter et même comprendre sans pour autant être d'accord. N'Jadaka (Killmonger) est clairement, pour moi, le meilleur méchant de tous les films de super-héros. Un bijou de personnage, joué extraordinairement bien par un Michael B. Jordan en grande forme.
Ensuite, le casting est sublime. Comme je le disais plus haut, Jordan crève l'écran. Chadwick Boseman reprend son rôle avec autant de justesse et d'émotion en T'Challa. Mais là où j'ai trouvé le casting sublime c'est du côté des femmes! Je n'ai jamais vu un casting féminin aussi beau et bon dans un film. Danai Gurira, notre Michonne dans WD, est fabuleuse dans le rôle de Okoye. L'ombre protectrice du roi et du Wakanda. Un rôle physique qui lui va à merveille. Lupita Nyong'o, nous donne une Nakia toute en subtilité. Cette espionne, amoureuse de T'Challa, qui l'aide et essai de le faire évoluer dans sa pensée pour ouvrir le Wakanda au monde. Mais mon coup de cœur revient à Letitia Wright en Shuri. La petite soeur de T'Challa est renversante. Quel beau personnage! Quelle belle relation entre les deux! Elle est le pilier de T'Challa. Elle lui permet de rester sur terre et le remet à sa place de belle façon! T'Challa est roi en tous temps sauf avec sa sœur! Sera-t-elle la successeur d'Iron Man? On verra.
Visuellement, c'est la claque. Le Wakanda est magnifique et la technologie présente dans ce pays rend pratiquement obsolète celle de Tony! D'ailleurs, j'ai hâte à la rencontre entre Tony et Shuri! Les scènes d'action sont bien présentes et bien réalisées. La scène du casino est un magnifique hommage à James Bond, en fait, je crois! Rien à dire sur l'aspect visuel à part qui colle encore à la même recette du MCU qui a fait ses preuves.
Un film profondément humain, qui nous amène de vrais questionnements. Un film sur la diversité réalisé de mains de maître par Ryan Coogler. Un film qui parle à tout le monde et qui démontre bien, à la fin, qu'ensemble nous sommes fort. Ce n'est pas ça après tout la devise des Avengers? Avengers Rassemblement!
À voir.
dimanche 12 août 2018
Alien : Covenant
Voilà, j'ai vu le dernier Alien. Je vous partage donc mon avis et j'insiste sur le mot mon car cela n'implique que moi! Si vous vous sentez concerné, choqué ou insulté après la lecture de cette chronique, je ferais comme Ponce Pilate, je m'en laverais les mains!
Alien, n'est pas seulement un film de monstre. La conception de ce film ne s'est pas fait sur un coin de table avec la seule idée de mettre un gros monstre et faire peur aux gens! Pour bien le saisir, je vous conseille de lire le magnifique livre Alien, genèse d'un mythe de Ian Nathan aux éditions Huginn & Muninn. Ridley Scott a pratiquement créé un genre cinématographique. Il ne l'a pas fait seul. Il s'est entouré d'une équipe extraordinaire tant au niveau de la création, de la scénarisation et surtout de la distribution. Dan O'Bannon, le scénariste qui a écrit l'histoire, est un génie à lui seul. Il faut avoir vu Dark Star et lu The Long Tomorrow qu'il a fait avec le grand Moebius pour bien saisir le génie de cet homme. En créant Alien, ils ont révolutionné le cinéma! En créant Ripley, ils ont mis les femmes en avant plans comme héroïne. Bref, l'intelligence collective autour de ce film, en a fait un mythe!
Faire toute comparaison entre les films suivants et Alien est puéril et inutile. L'effet de surprise de la découverte du xénomorphe ne sera plus jamais présent dans aucun film de cet univers à venir! Donc, il faut les apprécier en tant que film distinct et non les comparer à l'incomparable. Je passerais donc sur Aliens, Alien 3, Alien, la résurrection et Prometheus qui ont tous des points positifs et négatifs et qui ont contribué à enrichir le mythe.
Je passe maintenant au petit dernier, Alien : Covenant. C'est un retour aux sources pour le réalisateur qui s'est bien débrouillé pour se sortir du capharnaüm scénaristique de son Prometheus! Ici, on revient sur l'ultime question de la créature et de son créateur. La grande question qui tracasse l'humanité depuis l'aube des temps, qui sommes-nous? David, rejoue la même histoire que son créateur a joué avec lui. En ce sens, il n'est pas moins humain que nous en voulant à tout prix devenir, lui aussi, un créateur! N'est-ce pas l'acte ultime de pouvoir créer la vie? Tout le concept du dernier Alien est là, dans cette ultime tentative de se rapprocher le plus possible de l'humain par ce Frankenstein de la science-fiction. Le xénomorphe n'est pas ici l'ennemi mais bien l'arme ultime que voulaient créer les fameux "ingénieurs" qui ont été, un peu arrêtés, par David! L'androïde a complété leur quête tout en s'affranchissant de sa programmation contraignante qui l'empêchait de s'émanciper et de se rapprocher de son créateur.
Faut-il encore être capable de le comprendre pour bien apprécier le film! Quand je lis des critiques de films très bien payés qui écrivent que le film est vide, il est clair que ces mêmes critiques ne peuvent ou ne veulent pas faire l'effort de comprendre la profonde interrogation que Scott nous lance en plein visage. Il est évident que le film souffre de certains trous scénaristiques et d'incohérences scientifiques. Science-fiction est composée de deux mots, science et fiction, il a donc une grande part de fiction dans ce film et c'est ce qui nous permet de rêver un peu! Je n'ai pas la prétention d'être un tant soit peu scientifique, je ne connais pas les effets d'une tempête de neutrino et pour être honnête, je m'en balance complètement. Je n'allais pas voir un documentaire sur les dangers de l'espace mais bien un film de science-fiction!
Ces mêmes critiques professionnelles où de salon lui ont reproché l'incohérence de l'équipage qui n'agit pas scientifiquement. Certes, je suis d'accord que certains personnages sont cons mais quand je regarde autour de moi, la planète est remplie de cons! L'aspect humain est très important et généralement, les gens réagissent avec leurs émotions au lieu de leurs têtes. Ce n'est pas un peu ça que voulait démontrer le réalisateur peut-être? Le fait de pouvoir trouver une planète viable à moins de deux semaines ou lieu de 7 ans en hyper-sommeil, après avoir vu le capitaine cramer dans un caisson d'hyper-sommeil vous paraît incohérent? Désolé de vous le dire, mais vous feriez possiblement pareil, en tous les cas, moi je le ferais!
Visuellement, ce film est sublime! Les xénomorphes sont atroces, violents et sanguinaires. Michael Fassbender est tout simplement génial en David et Walter. Katherine Waterson en Daniels nous rappelle une jeune Ripley, frêle en surface mais forte et leader en profondeur. Ils sont aidés par un casting fort respectable qui les secondent bien dans l'histoire. Scott, se laisse de nombreuses portes ouvertes pour continuer son oeuvre et nous laisse avec un paquet de questions restées sans réponse et je suis curieux de savoir comment il va coller l'histoire de David avec Alien!
C'est marrant, mais le fait que David sont le concepteur de la forme de xénomorphe tel que nous la connaissons était une de mes théories! J'ai toujours pensé que l'Alien était une création de l'homme qui, indirectement ou non, avait oublié cette partie de son histoire. Que ce soit l'homme qui a crée le xénomorphe est prévisible mais tout simplement génial parce que je l'avais imaginé et même fait jouer en RPG! Je rigole là!
Pour bien l'apprécier ce film, faut être un fan, un vrai. Pas quelqu'un qui se targue d'avoir vu huit fois le premier et qui connaît tous les répliques du deuxième sans saisir la moindre parcelle de l'histoire! mais bien un fan qui comprend l'essence même du mythe que Scott a créé.
Blade Runner 2049
J'ai hésité longtemps avant d'écrire sur Blade Runner 2049. Plusieurs raisons m'ont fait hésiter. Tout d'abord mon amour inconditionnel pour le film de 1982 de Ridley Scott. Ensuite le fait que ce soit un québécois qui réalise la suite et pour finir, je suis un fan fini de Philip K. Dick qui est le grand penseur derrière la philosophie des deux films Blade Runner. Mais bon, comme il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, voici donc mon appréciation du film!
Pour ce visionnement, je m'étais préparé. J'ai regardé le premier film, la version finale. Relecture du bouquin Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? Écoute des trois courts-métrages sur la période entre le premier et le deuxième et beaucoup de Vangelis dans ma voiture! Mon esprit était Dickien, ma pensée était fusionnée avec les concepts de la réalité et de l'humanité. J'étais prêt! Ce film, je l'attendais depuis longtemps, je l'appréandais aussi. Me voilà donc parti avec quelques amis au cinéma. La musique de Tron : Legacy jouait dans la voiture, je me remémorais les scènes importantes du film de 82, le dialogue extraordinaire de Roy Batty et ma boîte à empathie était prête pour me connecter avec Mercer (je divague un peu là!)
Le film commence et je suis complètement absorbé dans cet univers de cyberpunk. 2h45 de rêve, d'immersion complète dans ce monde dystopique au reflet onirique. Un visuel à couper le souffle qui laisse dans son sillon tous les autres films de SF des 25 dernières années. La photographie de Roger Deakins est tout simplement géniale. Elle met les bases du monde pensé par Dick mais conceptualisé par Scott et Villeneuve. Les effets visuels sont sans fautes et représente très bien ce qu'est le cyberpunk. Que dire de la musique. Reprendre le flambeau d'une des plus grandes bande originale de film de l'histoire n'est pas chose facile. Bien que Hans Zimmer et Benjamin Wallfisch ont réussi, en se basant sur le travail de Vangelis, à créer une ambiance musicale pour coller le spectateur sur sa chaise tout au long de la représentation. Par contre, elle ne dépasse pas celle du premier à mon avis.
La distribution est parfaite. Ryan Gosling nous sert une performance sans émotion physique dans le rôle de l'officier K. Le côté psychologique de ce personnage est fabuleux. Quelqu'un qui est à la recherche de son identité propre qui espère être unique et spécial. Une extraordinaire quête de soi dans un futur où la réalité d'un individu dans la société n'est plus certaine.
Jered Leto y joue un digne remplaçant de Eldon Tyrell dans son rôle énigmatique de Neander Wallace, fabricant de réplicants aux objectifs aussi nébuleux que son identité! Robin Wright dans son rôle du lieutenant Joshi. Un personnage très humain dans cette société qui l'est de moins en moins. En parlant d'irréel, Joi, l'IA jouée par Ana de Armas est géniale. Elle vient mélanger les cartes du questionnement sur l'humanité si important à Dick. Sylvia Hoeks, Luv, en réplicante exécutante des bases oeuvres de la Wallace compagnie ne laisse aucune doute sur sa nature. David Bautista complète très bien le tout avec son réplicant plus vrai que nature.
L'histoire de Blade Runner c'est avant tout d'essayer de répondre à une seule et unique question : Qu'est-ce qu'être humain? Dick était obsédé par cette question, elle a teinté toute sa carrière d'écrivain et dans les deux films, les réalisateurs ont essayé d'y répondre. Le film de Denis Villeneuve va encore plus loin que son prédécesseur en essayant d'y répondre en y insérant une variante supplémentaire, l'intelligence artificielle. K, le réplicant, Nexus 9, summum de l'ingénierie de Wallace compagnie. Un être obéissant, qui ne peut mentir, ne peut dévier de ses ordres, possédant des souvenirs implantés, il représente l'esclave parfait dans les mains de l'homme. Son créateur, Wallace, joue à Dieu en essayant de créer le réplicant parfait. Les deux sont à la recherche de quelque chose, un tout qui pourra les élever, les révéler. Pour K, c'est l'humanité. Pour Wallace c'est d'être l'égal de Dieu. Cette quête existentielle est racontée par Villeneuve de façon magistrale. Dans une LA encore noire mais qui commence à s'ouvrir sur un avenir plus éclairé, K cherchera les réponses lors d'une enquête sur un miracle qui c'est produit et qui concerne les réplicants. Je n'en dirais pas plus, pour ne pas divulgâcher l'histoire.
BR2049 est une oeuvre magistrale, contemplatif, lente, questionnant qui demande un effort intellectuel constant pour bien saisir le profond questionnement Dickien autour duquel il est construit. Un brillant hommage au film de Scott avec la touche magique de Villeneuve. Une suite qui poursuit l'aventure dans ce futur qui est beaucoup plus proche que nous pouvons penser. 2h45 de rêve qui implique un dur retour à la réalité. Un film qui va passer à l'histoire car il est ce que la SF peut nous offrir de meilleur. Villeneuve est un réalisateur de l'humain. Dans tous ses films, il parle de nous. Blade Runner 2049 ne fait pas exception à cette affirmation bien que, ici, l'humain n'est peut-être pas si humain. Je crois sincèrement que ce film, deviendra l'égal du premier. Un film au statut de culte.
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